
Veoh est certainement un des meilleurs sites de partage de videos, mais cette dénomination lui parait réductrice (à moins de s’appeller YouTube …). Il lui préfère donc l’appellation de « Service TV Internet ».
Après avoir levé 30 millions de dollars début juin (soit environ 1$ / spectateur), chez des investisseurs tels que Intel ou Adobe, Veoh précise maintenant sa pensée en proposant de la pub comportementale ciblée. Une batterie de test a ainsi été effectuée avec ce nouveau système exploitant la consommation de vidéos, les recherches, les habitudes de surf et les données sur l’activité de communautés. Les résultats sont clairs, les publicités ainsi ciblées sont environ 2 fois plus efficaces que les pubs standards, car elles correspondent plus précisément aux centres d’intérêts des gens. Le système initial prévoit de cibler les pubs vers une dizaine de catégories de profils utilisateurs, mais peut être optimisé pour répondre aux préférences plus spécifiques d’un annonceur. Bien que ces procédés soient assez controversés, ne serait-ce que pour des raisons de respect de la vie privée, Veoh reste très confiant dans cette technologie : « Avec plus d’un milliard de vidéos vues chaque trimestre, Veoh a l’opportunité unique de pouvoir observer les comportements et habitudes des spectateurs au travers de contenus variés en provenance de divers horizons, et ce à une échelle encore jamais envisagée » a confessé son C.E. Steve Mitgang.
Et Veoh n’est pas seul à vouloir tirer parti des données issues des profils utilisateurs des réseaux sociaux…
iLike, le réseau social de partage de musique popularisé grâce à l’avènement de la plate-forme développeurs de facebook, a bien grandi pour atteindre lui aussi les 30 millions d’utilisateurs. Il vient de lancer sa plate-forme publicitaire à destination des groupes, producteurs et organisateurs de concerts. Les cibles se trient aisément par préférences musicales et situation géographique, ce qui donne un avantage considérable à l’annonceur.
La société New-Yorkaise 33Across a développé un moteur d’analyse des habitudes comportementales qui permet d’identifier les prescripteurs au sein d’un réseau, et de cibler ainsi les plus succeptibles de démarrer un processus viral. Il y a peu, 33Across a signé son premier major : Meebo, un réseau social qui synthétise plusieurs types de messageries instantanées au sein d’une interface unique. Officiellement, la mission n’est pour l’instant que de conseil, mais les pour-parlers sont ouverts quant à l’ajout de cette fonctionnalité. Notons que le vice président de Meebo, Martin Green, a annoncé que Meebo se préparait à communiquer sur ces pratiques afin de laisser à ses membres la possibilité de ne pas y participer. Mais au delà du deal en gestation, 33Across a déjà commencé à exploiter les informations concernant les 36 millions d’utilisateurs Meebo (exception faite, évidemment, des données nominatives) afin de jauger, par exemple, le taux de pénétration d’une campagne, et d’apporter ainsi une information plus qualifiée aux annonceurs.
Alors, comment fonctionne ce type de ciblage ? C’est en grande partie basé sur des algorithmes d’apprentissage machine appliqués aux réseaux sociaux, et dont l’efficacité reste encore assez mal établie. En effet, si une personne s’avère être un excellent prescripteur en terme de voyages, rien n’assure qu’elle sera autant écoutée lorsqu’on va aborder l’informatique. Et on comprend bien que cibler l’expertise reste très délicat …
Viennent ensuite les scrupules : « L’enjeu de la pub sur les réseaux sociaux n’est absolument pas technique, il est culturel » dit Jeffrey Davitz (SRI International’s Artificial Intelligence Center) « Quand vous êtes en train d’interagir avec vos potes, vous n’êtes pas forcément dans la meilleure disposition pour recevoir de la pub. Les gens risquent d’être vite gavés ». Lui même a développé une appli qui pouvait référencer les pôles d’intérêt et le degré d’influence d’un prescripteur au sein d’une communauté militaire telle que Company Command (réservée aux capitaines). L’objectif étant de servir une info pertinente dans le news feed, qu’ils appellent « smart push ». SRI vise des applications commerciales pour son « smart push » qui ne soient pas de la publicité pure. « Clairement, on peut apprendre encore beaucoup des utilisateurs de Facebook et MySpace, mais la question est de savoir comment les gens vont accueillir cette forme de publicité. Or, ils ont la sensation que c’est vraiment flippant ! »
Force est de reconnaître que c’est quand même de la techno « big brother » : même si la finalité n’est pas politique, ça reste difficile à accepter …
Via CNet















Sans oublier le fameux « Buzz targeting » de YouTube, annoncé récemment et visant à repérer les vidéos ou contributeurs avec un potentiel de buzz important…
A l’image du Web 2.0, je vois plutôt la publicité 2.0 comme une publicité collaborative où les internautes sont eux-même les créateurs du contenu, comme l’avait fait la SNCF avec son concours sur Dailymotion, le site Blogbang, ou encore le site Creads.org