
Ci-dessous, un compte rendu du festival : palmarès, courts en compétition, conférences, avec quelques court-métrages qui ont marqué le festival.
- Retour sur quelques autres court-métrages qui n’ont pas eu de prix, mais pas dénués de qualités pour autant !
A-Z de Sally Ann ARTHUR (Grande-Bretagne)
L’histoire de Madame P., qui eut l’idée lumineuse de trier les numéros de rues de londres par ordre alphabétique. Un petit film produit pour Channel 4, un joli travail sur la typographie et le graphismeParadise de Jesse ROSENSWEET (Canada)
Un film avec des automates. Ca fait un énième film sur la société de consommation et la routine de nos existences bien réglées, mais là pour une fois le sujet est vraiment bien abordé, avec de l’humour et surtout l’utilisation de jouets automates.KuyGorozh de Sergey MERINOV (Russie)
Un conte russe classique, en utilisant de la pate à modeler, mais à la différence des productions Aardman par exemple, elle est ici utilisée à la façon d’un bas relief. Très riche visuellement, et bien raconté.Chainsaw de Dennis TUPICOFF (Australie)
Un film qui utilise beaucoup la rotoscopie. Ca s’ouvre sur un film didactique sur la mise en garde des dangers de la tronçonneuse, part sur la tauromachie et finit sur une histoire de cocu. Un peu long mais pas ennuyeux pour autant, grâce à l’humour sordide du scénario.Arrosez les biens de Christelle SOUTIF (France)
Un film en pate à modeler assez rythmé et très marrant, au travers des péripéties de Gustave le fermier qui achete une nouvelle variété de maïs. Malgré le ton absurde et léger, les pratiques de monopole type Monsanto ne sont pas très loin.The Hidden Life of the burrowing owl de Mike Roush (US)
Un intéressant mélange d’animation très stylée comics US et de prise de vue réelle. Ca commence docu, ça finit assez trash. Très sympa.Keith Reynolds can’t make it tonight, de Felix Massie (UK)
L’histoire meurtrière d’un employé de bureau modèle. L’animation est faite sous Flash, les petits bonhommes en fil de fer nous rappellent fortement les petites animations xiao-xiao. Vous vous souvenez ? Les petits personnages « baton » en Flash au début des années 2000, qui avaient connu leur moment de gloire en se bastonnant force hémoglobine. Le rendu et l’animation sont de la même veine minimaliste, mais l’humour noir et le rythme suffisent à rendre cette petite comédie fort sympatique.Operator, de Matthew WALKER (Grande-Bretagne)
Un homme appelle Dieu sur son téléphone.
Le genre de film absurde qui ne peut être fait que chez nos voisins britanniques ! Court et efficace.Hot Dog de Bill PLYMPTON (US)
Un court métrage dans la plus pure tradition Plymptonienne. Donc si vous êtes déjà accro aux travaux du bonhomme vous ne serez pas déçu. Si vous ne connaissez pas encore Bill Plympton, c’est absolument inconcevable, allez vite vous rattraper sur son site! - Films de commande : une quarantaine de films avec des clips, des pubs et des courts pour le gouvernement ou des ONG.
Amnesty International « Signatures »
Très belle série de courts, en 3D avec un rendu gribouillé (qui ressemble beaucoup à celui du court-métrage Supinfocom Le Processus) pour montrer l’importance des pétitions vis à vis des prisonniers politiques.Auckland City Mission « Santa Needs Help! »
Le père noël est gelé dans la banquise. Pour que tous les enfants puissent avoir des cadeaux, il faut faire des dons par telephone à cette asso caritative afin qu’il dégèle le Père Noël. Un film surtout intéressant pour son concept feuilleton : on a une série de courts qui correspondent à la fois à l’avancement des dons et au dégel de notre ami barbu.Bibigon « Factually Fun Idents X 9″
De petites informations scientifiques très courtes, avec des styles variés (2D, 3D, tout y passe).
Le programme a eu le Prix du film éducatif, scientifique ou d’entreprise.BNN « Dennis & Dylan x 23″
Une série de très très très courts (6 ou 7 secondes) avec des gags un peu trashs sur ces personnages à qui il manque décidemment une case.Sketchtravel
Vous connaissez Sketchtravel ? Ce projet collectif consiste en un artbook qui fait le tour du monde et se partage entre une cinquantaine d’artistes. Tout est expliqué sur le site. J’avais entendu parler du livre, mais le film est vraiment réussi, très graphique.Sony Bravia « Play-Doh »
On vous avait déjà parlé de ce film publicitaire qui noie New-York dans des tonnes de pâte à modeler ! Et bien, ce court-métrage a eu le Prix du film publicitaire ou promotionnel !
Annecy c’est certes plein de superbes films d’animations, mais pas seulement. - Voila donc le top3 des films les plus soporifiques du festival :
Tout d’abord toutes mes excuses aux réalisateurs, c’est déjà assez difficile de faire un film. Mais là, tout de même… Bref, c’est long et on y comprend rien : mention spéciale à :
Kiki Mizi de Mariusz WILCZYNSKI (Pologne)
Ca commençait bien pourtant, avec de jolis dessins au traits sur papier calque, de beaux effets de textures et de floutés… Le problème est que pendant 20 minutes, on a 1 minute et demi maxi d’animations qui passent en boucle, et en boucle, et encore en boucle, avec une histoire pas évidente de souris trompée.Landing Lights, de Graham YOUNG (Grande-Bretagne)
Un avion, en 3D, qui passe à travers un building. Puis une autre fois. Et une troisième. Oui, mais à part ça ? Heureusement, ça ne dure pas trop longtemps. En temps normal Je l’aurais aussitôt oublié mais là, il était à la suite de Kiki Mizi que je viens de citer, alors c’était juste pas possible.Uralin Perhonen de Katariina LILLQVIST (Finlande)
Hmm. J’ai perdu le film au moment ou l’officier du Kirghizistan, centaure de son état, sodomise le berger de l’Oural qui a les ailes de papillon avant de se faire ligoter par la valise… à moins que ce ne soit l’officier qui avait les ailes de papillon. Il y avait aussi Karl Marx et des cartes postales de Madagascar. Bref, j’ai un peu perdu le fil de cette histoire abracadabrante qui est pas moche (du stop-motion avec des marionnettes) mais dure quand même 25 minutes avec un scénar à dormir debout. - Spike & Mike, Spicy Animation : du trash et du cul
Le Spike & Mike’s Sick and Twisted Festival of Animation est devenu une institution à Annecy et a contribué à faire connaître des amateurs comme Bill Plympton ou John LASSETER. Spike, muni de son gigantesque chapeau rouge, présente les courts les plus trashs et déjantés qu’il a pu récolter !
Outre les désormais habituels Happy Tree Friends, des court encore plus ignobles : Cuddle Sticks de Mike Geiger, ou bien Rats on Cocaïne. Citons aussi en beaucoup plus soft Puppet de Patrick Smith ainsi qu’un excellent film avec une bonne soeur (dont j’ai oublié le nom). Envoyez vos films les plus trashs à Spike & Mike ! - Rencontre & Conférences
Beaucoup de choses intéressantes cette année notamment Matt Groening présentant le film des Simpsons, la présence de Kent Williams, animateur de ‘Qui veut la peau de Roger Rabbit’, mais on notera aussi un débat très international sur les films à low-budget, avec comme intervenants les réalisateurs allemands des 3 brigands (dessin animé), les belges de Panique au village (stop motion), les danois de A. Films (3D) et l’américain Bill Plympton.
- Les écoles d’animations
Projection spéciale 20 ans Supinfocom
Supinfocom, c’est l’école qui nargue depuis 20 ans tous les apprentis animateurs 3D en raflant une bonne partie des prix et mettant une bonne claque visuelle à tout le monde.
Le festival fêtait donc les 20 ans de cette formation par un programme spécial
J’avais déjà presque tout vu de cette retrospective, mais regardez donc, si ce n’est pas déjà fait, Tim Tom, Pffirate, Loop ou ClickClack pour ne citer qu’eux.
Il ne figurait pas à la projection, mais je rajouterais bien aussi l’enfant de la haute mer pour son très beau rendu aquarelle.Générique : les Gobelins derrière les manettes
Si Supinfocom, c’est la référence française en 3D, et bien, l’école des Gobelins c’est la même chose pour la 2D. On peut saluer les Gobelins qui ont offert au festival des génériques à tomber, notamment La ballade sauvage, sensible animation avec un rendu proche du fusain et Wild Casting, une course poursuite effrénée entre un lion et deux ouvriers.L’école des Gobelins prouve une fois de plus que l’animation 2D est bien loin d’être enterrée comme Disney semblait le penser déjà il y a quelques années.
Déjà l’année dernière, on avait eu droit à un générique à tomber de la part de la même école…Désolé, je ne parle ni des films TV, ni des longs métrages, des projections de films d’étudiants, rencontres réalisateur, projections Simpson, McKay ou autre et pour une bonne raison, je n’ai pas pu tout voir !
Mais j’aurais du mal à finir cette petite presentation du festival d’Annecy sans mentionner l’ambiance qui régnait pendant les projections ! Bien que le public soit très respectueux des films (ils savent plus que quiconque le boulot que ça représente), le jeu favori des festivaliers avant les projections est d’atteindre la scène à l’aide d’avions en papier. Beaucoup d’étudiants, ceci explique peut-être cela
Sans oublier la reprise en coeur du générique qui diffuse les partenaires du festival, avec les personnages de Mandarine & Cow, sur un air d’ACDC.
Ca donnait quelque chose qui ressemblait à ça :
à voir également : Le compte rendu de fous d’anims
Le Festival d'Animation d'Annecy est un lieu incontournable dans le milieu de l'animation, comme celui de Clermont-Ferrand pour les courts-métrages ou Angoulême pour la Bande Dessinée. Pour qui s'intéresse à l'animation, c'est une grande rencontre de tous les acteurs de la profession, producteurs, animateurs, studios, avec des heures de projection de films de tous les formats et de tous les styles : animations en stop-motion, 3D, motion design, pâte à modeler, papier découpé, dessin animé...
Cristal d’Annecy pour
La maison en petit cubes, de Kunio Kato (Japon)

Je viens de me rendre compte que c’est le réalisateur de la série de court-métrages Aru Tabibito no Nikki, dans un univers tout aussi beau et étrange (un homme en haut de forme et son cochon), et qui vaut vraiment le coup d’œil si vous ne connaissez pas.
Prix du public
Skhizein, de Jérémie CLAPIN (France)

Un personnage se trouve décalé de 91 cm de lui-même. Ce concept complètement absurde est parfaitement exploité, la réalisation hybride 2d/3d irréprochable et les images superbes. Un prix donc plus que mérité pour ce film drôle et poétique, qui avait déjà obtenu un prix Kodak du meilleur court-métrage et une sélection à la semaine de la critique à Cannes.
Ci dessous la bande-annonce :
Les prix et mentions spéciales sont toutes des réalisations en 3D
Prix spécial du jury :
La dama en el umbral (Jorge Dayas – Espagne)

Mention spéciale : ex-aequo
Berni’s Doll (Yann J. – France)

Morana (Simon Bogojevic Narath – France)

Prix Sacem de la musique originale
KJFG N°5 (Alexei Alexeev – Hongrie)

Prix « Jean-Luc Xiberras » de la première oeuvre
Portraits ratés à Sainte-Hélène (Cédric Vilain – France)

Selon les rumeurs, le film aurait été posté au festival à l’insu de son auteur, si c’est le cas on ne peut que s’en féliciter !
















