
Impressionnant trailer que nous a proposé Dailymotion en page d’accueil hier. Pour un fan film, qui plus est français, on peut dire qu’on a mis les petits plats dans les grands.
Intrigués par le professionnalisme de la création, on se pose des questions …
Le fan film est-il un manque de personnalité ?
Le terme « fan film » est synonyme de plusieurs choses : petit budget, amateurisme et hommage.
Cependant, il faut bien l’avouer, Ashes to Ashes est impressionnant de maîtrise. On constate des influences diverses: biensûr, les films Batman de Tim Burton et de Christopher Nolan, mais également Sin City ou bien encore Renaissance.
Je prendrais l’exemple de ce dernier pour rappeler que l’exercice stylistique cinématographique n’amène pas toujours à de bons films.
Faire un fan film, c’est parler avant tout aux spectateurs de sujets qu’ils connaissent et s’assurer d’une médiatisation rapide (on a vu récemment le moyen métrage The Hunt of Gollum buzzer lui aussi). Il faut ensuite déclarer que cette œuvre est à but non lucratif, et ainsi ne pas payer de droits à l’image. Le gros problème, c’est que l’on utilise des codes qui ne sont pas les siens et un univers que l’on ne s’approprie jamais totalement.
Julien Mokrani & Samuel Bodin ?
En allant sur la page Dailymotion de Julmok, l’un des deux réalisateurs, les making of du film sont disponibles. On se rend compte alors qu’il faut enlever le mot amateurisme de ce projet.
Certes, il n’aura nécessité « que » 13 jours de tournage (c’est quand même pas mal pour un court), mais aura pris deux années de post-production. Aux vues des maquillages, décors, effets spéciaux, bande son et photographie, rien n’a été laissé au hasard. Seule la direction d’acteur nous rappelle que l’on regarde un fan film.
Avec une bonne grosse liste de partenaires associés, on constate qu’il faut relativiser le terme petit budget. Au passage, Julien Mokrani a travaillé sur le clip Vacuity de Gojira (qui me fait fortement penser à un clip d’Aygghon).
Souvenez-vous de Batman : Dead End
En 2003, Sandy Collora, un réalisateur et artiste newyorkais s’était essayé à l’exercice. Son court métrage intitulé Batman : Dead End mélangeait les univers de Batman, Alien et Predator (soit un an avant le film Alien vs Predator de Paul Anderson).
Bien que très impressionnant pour un court lui aussi, Carolla ne fit pas grand-chose par la suite en terme de réalisation. Il se réessaya dans le cross over de super héros DC Comics avec la fausse bande annonce intitulée World’s finest Heroes Superman and Batman.
En 2009, soit 6 ans après Dead End, il parvient enfin à faire son premier long métrage appelé Hunter Prey. Cependant, le sujet est là encore issue d’un univers populaire : le chasseur de prime de Star Wars alias Boba fett.
La création de courts métrages sur des univers préexistants et issus de la culture populaire est un exercice à double tranchant. Tout comme les stars d’internet, la gloire de ces courts sur la toile est généralement éphémère et ne justifie pas de crier sur l’instant qu’un génie est né. Rappelons nous, c’était en 2007… Kamini.

















Deux ans de post prod pour ça? On peut pas faire un bon film on appliquant le filtre Sin City comme ça n’importe comment. A aucun moment j’ai eu l’impression de regarder un film du niveau de Batman Dead End par exemple. Le Joker ressemble à rien. Le scènar est brouillon… Pourquoi montrer autant de sex gratuit? Parceque on est des français et que forcément faut du cul dans nos films?
J’ose espérer que ce n’étaient pas deux ans à plein temps.
C’est bien le problème des productions françaises qui ressemblent à de mauvais téléfilms américains…