
Le dernier clip de Justice bastonne sale ! On se croirait dans un remake d’Orange mécanique, Beethoven en moins ! Romain Gavras, du collectif Kourtrajmé, qui s’était déjà illlustré en réalisant ce clip de DJ Mehdi (déjà remixé par Bangalter), nous livre ici un brut de décoffrage sans pitié qui laisse un goût de souffre persistant ! Et pour le coup, une espèce d’ambiguité malsaine vient auréoler le duo de choc de Justice. Quel est le message qu’on essaie de faire passer ? Chacun sera à même de livrer son interprétation, mais nul doute qu’il se trouvera des déviants clients du premier degré qui vont balancer ce bon gros son à watt dans leur clito tunée à bloc pour un rodéo périf musclé ! On parie ? C’est juste chaud, quoi …
EDIT 04/05 :
… En ce qui me concerne, il m’apparait évident que Justice, comme Gavras (qui a quand même un nom à tenir), prêchent dans le bon sens. C’est plus sur le moyen que je m’interroge. Cette réalisation, si précise, alliée à ce gros son blindé de testostérone … je veux dire qu’ils gagneraient à éclaircir tout du moins leur discours, avant que leur symbole ne se retrouve sur des blousons mal remplis. J’en veux pour preuve l’incompréhension générale et les commentaires qu’elle suscite. C’est Fela qui comparait la musique à une arme. J’adhère totalement ! Et de ce point de vue là, Stress, c’est une grosse bombe, dont il conviendrait que les créateurs livrent le mode d’emploi. Genre on est responsables en plus d’être pertinents et créatifs …
EDIT 14/05 :
Ben voilà, ils y ont mis le temps, mais ils se sont quand même décidés à me donner raison et à fournir une « explication de texte ». Justice est faite. Mais ils auraient peut-être du commencer par là, ça aurait économisé pas mal d’énergie et dissipé les doutes (légitimes) suscités par leur clip. En fait, je suis quand même un peu déçu par leur réaction innocente et tardive d’une part, et le silence (géné ?) du réalisateur d’autre part.

















un commentaire de Romain Gavras : « L’histoire de ce clip de Stress est celle d’environ dix jeunes de banlieue, d’environ 12 à 16 ans… Qui se transforment en sauvages pendant tout le clip. Environ 5 vont se faire prendre par la police, et sur toute la bande, il y a deux paires de jumeaux peu catholiques, qui vont, en 7 minutes, étaler toute la violence urbaine possible. La brutalité peut paraîte nuisible, mais chez 75, la boite de production, pas d’inquiétude à avoir. On nous la montre bien aux infos, pourquoi critiquer des artistes qui la dénoncent? »
L’instrumentalisation des images d’insécurité par les médias est décriée : au début un type sur un balcon semble crier au caméraman « Casse toi, arrête de filmer ! »… et la dernière phrase du clip est « ça t’a fait kiffer de filmer ça, fils de pute ?! » On note aussi qu’à la fin du clip, le perchiste se brûle à vouloir prendre le son trop près.
Message destiné à Romain Gavras et à tous ceux qui comme lui participent au malaise social (et ils sont nombreux)
Nous voici dans une ère malade.
Tirés par les griffes du passé qui nous enlise dans les tréfonds des regrets. Projetés dans un futur dont le sens serait soi-disant commun mais inhumain. Aujourd’hui message de haine, violence gratuite tourné vers elle-même. Mais quel sens trouvons nous à l’auto destruction, celle qui nous terrorise et nous rend malade à en vomir les tripes. Romain Gavras, veux-tu par ce clip « stress » critiquer les messages de haine et de terreur que véhiculent les vecteurs médiatiques, news… ? Si tel est le cas, cher être unique de ce monde malade, je tiens à te dire que non seulement le clip n’a aucun sens critique, mais pire encore, par ce même vecteur il participe et encourage ce même message de haine, de violence, de terreur qui nous serre les tripes et nous bride dans nos sentiments les plus beaux.
Tout est beau, tout est gentil… FAUX ! Tout est noir tout est mauvais… FAUX !
La vie n’a pas de sens, à chacun de se le créer… Et si tous les êtres uniques de ce monde participaient à un message de paix, peut-être aurions nous la joie de nous élever dans nos sentiment les plus beaux, les plus purs. Ceux qui nous donnent le sourire et le plaisir de contribuer à une aire changeante, celle de la paix, celle qui vise à nous sortir des ronces qui nous retiennent, qui nous frustrent, qui nous brident, qui participent au cancer social. Cessons de jouer un rôle, arrêtons de jouer les victimes, soignons-nous de ces pathologies qui suintent de tous nos pores, et battons nous ensemble pour la paix.
Mon message vient du cœur, j’ai parfois envie de pleurer, envie de rire, mais j’ai surtout trouvé un sens qui à mes yeux me parait sain. Soyons capable de sentir au plus profond de nous même, toute injustice commise contre quiconque, en quelque partie du monde que ce soit. Elevons nous ensemble pour combattre ce malaise social qui nous empêche de vire nos vies à 100%. Saisissons la seconde !
Temim ZC, un être comme nous tous, constitué de chair et de sang.
@ Paul : bien vu. Pour autant, ces petits détails ne sautent pas aux yeux comme un coup de pied au cul … je veux dire par là que c’est pas forcément ce qu’il y a de plus marquant dans ce clip. Quoiqu’il en soit, en l’occurrence, tu prêches un convaincu.
En ce qui me concerne, il m’apparait évident que Justice, comme Gavras (qui a quand même un nom à tenir), prêchent dans le bon sens. C’est plus sur le moyen que je m’interroge. Cette réalisation, si précise, alliée à ce gros son blindé de testostérone … je veux dire qu’ils gagneraient à éclaircir tout du moins leur discours, avant que leur symbole ne se retrouve sur des blousons mal remplis. J’en veux pour preuve l’incompréhension d’un Tenim et le commentaire qu’elle suscite. C’est Fela qui comparait la musique à une arme. J’adhère totalement ! Et de ce point de vue là, Stress, c’est une grosse bombe, dont il conviendrait que les créateurs livrent le mode d’emploi. Genre on est responsables en plus d’être pertinents et créatifs …
Hé bé, je sais pourquoi je vis dans ma forêt.. Note, il y a sans doute aussi une esthétique à Hiroshima. Lu qq part : « tu es libre de la parole que tu n’as pas dite, mais l’esclave de celle que tu as dite.. » Transposé cela peut devenir: « tu es responsable des brasiers que tu allumes.. » Un dernier mot: je trouve scandaleux ce qu’ils ont fait à ma BX!
Je trouve le clip parfait … la tension, le « Stress » … Justice me met une claque en pleine face aujourd’hui comme il me l’a mise il y a 2 ou 3 ans quand j’ai écouté pour la premiere fois le EP « Waters Of Nazareth » et ses lignes de basses ultra saturées … le groupe « dérangeait » alors dans son approche esthétique générale (la croix et les références judéo_chrétiennes…), jusqu’à se diluer ces derniers temps dans un univers fluo et archi fluo désormais tellement « tendance ».
Justice prend maintenant tout le monde à contre pied et c’est bien ce que j’attendais du duo. Bravo.
C’est vrai que la cruauté peut avoir son esthétique, ses prosélytes et ses délices.. Le cruel peut être un artiste, un allumé religieux ou politique, ou n’être que simplement lui-même sans chercher de légitimité symbolique. Ici, on est dans le versant cruauté-talent Ailleurs, on rencontrera le bon Dieu Ailleurs encore, la guerre. Dans chacun de ces grands courants troubles se glissent d’authentiques libidineux, tortionnaires inventifs, et réalisateurs éblouissants. Personne ne se pose plus la question de leur malfaisance. Le premier se revêt de la tunique Art Le second de celle de son Seigneur Le troisième du sort de la Nation.. etc Je trouve ce très long clip magnifique en terme de réalisation, scénario, cadrage, montage, bande son.. et parfaitement détestable par la confusion qu’il entretiendrait avec ce qu’il veut démontrer: l’audace, la novation, le talent. Justifier la nuisance par l’Art est à mon avis une imposture, comme l’empalement d’impies au nom d’une religion, le sadisme au nom de la patrie. Si l’on admettait ce que tend à démontrer ce clip, rien ne nous empêcherait d’aller au bout du raisonnement : filmer une « tournante » avec du talent, une séance de barbarie entre amis. J’ai perso contemplé avec effroi les photos d’une exécution dans les années cinquante en Chine.. Un homme crucifié, à qui on tranche chaque membre l’un après l’autre; puis on le dépèce, puis on lui ouvre la poitrine.. L’éclat de ses yeux montre qu’il est vivant jusqu’au dernier cliché.. Artiste exceptionnel! Mise en scène terrible! Un millier de villageois se régalant.. Epatant! Tu me diras que la bande son manquait.. Suis-je couillon, les cris de la foule et ceux du supplicié auraient mérité un prix..
Ben voilà, ils y ont mis le temps, mais ils se sont quand même décidés à me donner raison et à fournir une « explication de texte ». Justice est faite. Mais ils auraient peut-être du commencer par là, ça aurait économisé pas mal d’énergie et dissipé les doutes (légitimes) suscités par leur clip. En fait, je suis quand même un peu déçu par leur réaction innocente et tardive d’une part, et le silence (géné ?) du réalisateur d’autre part.
Oué, ça cause, les intellos.. Tu tues, et tu expliques. Un geste et des gloses.. Tu causes, tu causes.. C’est fou ce que le langage innocente.. Sauf pour ceux qui l’endossent, le tu causes tu causes. Extraordinaire quand même qu’on se serve de l’alibi des pauvres – quand on ne l’est pas – pour délivrer la bonne parole. Bonne conscience au bout du raisonnement. Il y a combien de mille ans que ceux qui glosent volent la parole des autres ? En font des barbares par procuration ? Bon, on va arrêter les jongleries sépmantiques.. Au total, tu te fais financer une vidéo, tu suggères à des branques de bastonner, tu filmes et tu es primé. Wahoo, l’exploit culturel! Et bling bling, la bonne conscience.. Qui c’est qu’en taule ? Qui c’est qu’a pu sa voiture ? Qui c’est dont la soeur pleure ? Qui c’est dont la mère pleure ? Qui sait dont le père pleure ? Qui c’est dont le frère ne sait plus où aller ? Qui sait qui ne sait plus quel livre ouvrir ? Quel ami(e) chérir ?
http://www.fubiz.net/blog/index.php?2008/06/24/1817-justice-parody
rapides les gars, le clip est à peine sortis qu’il y a déjà 3 parodies qui se baladent sur le réseau
L’homme est un loup pour l’homme.