Paris Web 2012 : Des profils atypiques et être atypique

Posté le 5 novembre 2012 dans Design | Développement web | Technologie | User experience | Webdesign , par Sébastien - 2 Commentaire
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Pour faire suite à notre déplacement à Paris Web et au premier article, en voici un autre qui relate un point de vue plus personnel sur les métiers du web – j’emploie volontairement le terme générique de « métier » pour englober toutes les facettes permettant la création d’un site internet et sa médiatisation.

Ce n’est pas propre à cette dernière édition – je m’étais déjà fait la remarque suite aux éditions précédentes – et je pourrais également englober SudWeb ou les apérosWeb dans cette réflexion : je vois de plus en plus apparaître des « profils atypiques« .
Si différentes méthodes de travail existent, émergent depuis quelques années (agilescrumXP…), il reste que l’organisation interne des entreprises liées aux métiers du web reste classique, fonctionnant pour beaucoup en silo.
Les profils atypiques sont là justement pour créer de l’horizontalité et éviter cet effet. Ils sont transverses (pourquoi pas tech et créa, créa et conseil, tout à la fois, toutes les combinaisons sont possibles !) et doivent pouvoir parler au plus grand monde. C’est un équilibriste – je vous laisse pour ça voir ou revoir la conférence de Virginie Caplet  »Au boulot les cerveaux ! » datant de l’édition 2010 de Paris Web. La plupart du temps issus d’une formation ou d’un cursus sans rapport direct avec son poste, ils amènentune autre manière d’envisager son environnement créant ainsi le décalage utile pour avancer.

On peut supposer que certains de ces profils existent du fait qu’aucune véritable formation aux métiers du web n’existait pour la génération des trentenaires d’aujourd’hui. Pour autant, de véritables postes voient le jour, répondant à un réel besoin d’interconnexion des équipes. C’est certainement le cas pour d’autres filières professionnelles, le besoin de communication, d’échange et de compréhension entre les équipes, reste la clef pour la bonne conduite d’un projet.
Les technologies et les besoins évoluent rapidement – ce qui peut être une règle à suivre un an auparavant, peut s’avérer faux l’année suivante. Dans ce cas, comment « rester à jour » et conserver une certaine fluidité entre les équipes d’un même projet ? ll est évidement nécessaire de communiquer en interne, (dans notre cas : Les matinales…), mais quelles sont les autres possibilités ?

Parmi les retours d’expérience présentés à Paris Web, la conférence  »Creative Technologist, Web Evangelist, Developer Advocate !?!«  de Florian Harmel m’a particulièrement intéressé.
Le constat de base est le même que celui cité précédemment. Les technologies évoluent et se diversifient (des frameworks, des process, de plus en plus de devices…). Les développeurs ont également évolué et se sont diversifiés. Ce sont des experts, souvent fortement ancrés dans la production. Les clients eux aussi sont de plus en plus ouverts à la technique (quand ce ne sont pas des geeks). Certaines facettes de la technique deviennent même cool à aborder.
Le marketing, la création et la technique sont de plus en plus liés. C’est là qu’intervient le « Creative technologist« . Il est au centre de ces 3 grands axes. Il peut se concentrer sur la veille (création de POC…), mais son rôle est également d’évangéliser (via la formation…). Il intervient aussi en phase de compétition. Il apporte une valeur ajoutée par une meilleure compréhension des enjeux techniques et innovants. Il permet aux équipes de prendre du recul et d’anticiper d’éventuels problèmes techniques.

Mais je vois également d’autres avantages à composer avec de tels profils en entreprise, recoupant par la même occasion d’autres problématiques exposées cette année à Paris Web.
Mike Monteiro lors de la conférence « How Designer Destroyed the World« , expliquait l’importance du rôle du designer. Comment ce qui est designé a un impact sur la vie des gens. Citant l’exemple de l’interface de Facebook, et la complexité à gérer les paramètres de confidentialité, on peut aisément supposer qu’en phase de conception le « Creative Technologist » (ou donnez-lui le nom que vous voulez) aurait pu signaler ce type de problème et proposer un autre système, une autre manière de faire. Quand Mike Monteiro écrit : « …chaque jour dans le monde entier, des designers travaillent sur des projets sans accorder la moindre considération à l’impact que leur travail a sur le monde autour d’eux…« , j’imagine que ce type de profil peut aider à prendre le recul nécessaire.
Il en va de même pour l’innovation (qui diffère ici de la « simple » veille). Le propos de ce type de poste est d’évoluer en périphérie et de pousser le reste de l’équipe à en faire de même. Sortir des problématiques ou de la production quotidienne n’est pas aisé. Dominique Siamma (« Les objets se font internet« ) nous a pourtant démontré l’importance de penser et de créer autrement pour innover. Là encore ce type de profil peut être une des clefs pour innover.

Nous avons besoin de spécialiste, les technologies sont de plus en plus poussées, elles nécessitent du temps pour être abordées correctement. Pour autant, plus on aura besoin de personnes spécialisées, plus il faudra des gens transverses, atypiques.

À propos de l'auteur

"Intégrateur Sénior ou « Tailleur de pixel ! »"
2 commentaires
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  1. Nathalie

    Je vais lancer les evangelist apéros tiens :p

  2. Yvan

    Bien vu, merci. A mon sens, ces profils « atypiques », fais de transversalité sont le fruit d’esprits curieux. Une entreprise en a besoin. C’est toujours une erreur de se cloisonner dans une expertise type. ps : Évangéliser…(amen), pas très fan.

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