Sound of my Voice : une secte 2.0 ?

Posté le 22 mars 2012 dans Cinéma & Séries TV | Social Media , par Mathilde Prigent - 1 Commentaire
hommelunettes
Je ne sais pas vous mais moi, j’ai envie d’aller au cinéma comme j’ai envie d’aller aux toilettes : comme ça, plouf, d’un coup. C’est la même envie, imprévisible et irrépressible. Du coup, je ne suis pas tellement fan des bandes annonces, des critiques, des émissions et de tout le toutim qui fait que vous avez déjà vu la moitié du film avant même de vous asseoir dans la sainte salle obscure.
Je vais pourtant vous parler d’une bande annonce, d’un site dédié même, bref d’une opération virale qui tente de secouer la toile, celle du web bien évidemment.
Si vous êtes comme moi et que vous préférez aller voir un film sans même savoir de quoi il parle, quitte à vous retrouver devant une comédie potache avec Louis Garrel et Léa Seydoux, (là, vous êtes pire que moi) passez votre chemin.
Pour faire simple, « Sound of My Voice », c’est l’histoire d’un journaliste et de sa copine qui décident de s’infiltrer dans une secte. Ces petits malins mènent alors l’enquête sur Maggie, le gourou, qui depuis son antre de sous-sol, prétend venir du futur.
Voilà pour le pitch : rien de transcendantal donc.
C’est pourtant ce manque d’originalité scénaristique qui m’amène à vous parler de ce film aujourd’hui. Car que recherche-t-on quand on est un peu léger au niveau de l’histoire? Le buzz bien sûr ! Souvenez-vous de ce chef d’œuvre dont la réputation (même outre Atlantique) n’est plus à refaire : « Bienvenue chez les Ch’tis. » Bon, on n’est pas là pour se la jouer critique de cinéma mais mon petit doigt me dit que si la comédie de Dany Boon a battu des records d’entrée en salle, ce n’est pas uniquement grâce à la qualité de son scénario… Avant, pendant, après : on en a beaucoup (trop ?) parlé.
Et c’est bien cela qui compte. Revenons à nos moutons de la secte : pour faire parler d’eux, les loustics se la jouent généreux. En ces temps de crise et de disette, vous me direz ça fait du bien. Mieux qu’une bande annonce traduite en français accompagnée de ses 3 extraits vidéo sur Allociné, cette fois, on a carrément le droit aux 12 premières minutes du film sur le site dédié. 12 minutes gratos : ça gagne pas ça débarrasse, on y va, on en profite…
Les garnements facétieux habitués à se procurer les films dans leur intégralité avant même leur sortie en salle ne seront pas impressionnés : « un trailer comme un autre ». Oui mais non, pas tout à fait, celui-ci est interactif. A plusieurs reprises (neuf exactement) vous pouvez arrêter la vidéo. Une icône loupe en guise d’hameçon et hop, le poisson est ferré. Vous cliquez, le trailer se fige et deux options s’offrent à vous. La première : regarder la vidéo ou le site associé au trailer, la seconde : poster un petit commentaire.
Exemple, quand le héros du film est accepté dans la secte, il procède au salut cérémonial, une sorte de ChiFouMi de bienvenue. Bon, et bien à ce moment-là, si vous mordez, vous cliquez sur « Educate yourself ». Là, on vous renvoie sur un tumblr composé d’une vingtaine de GIF animés (datés de 2007 à nos jours) où d’illustres inconnus s’adonnent à la pratique de ce même ChiFouMi bizarre.
Évidemment, vous ne comprenez rien, mais rassurez-vous, tout est prévu. C’est là que vous pouvez poster votre « WTF » en cliquant sur « Let’s discuss ».
En somme, un subtil (?) procédé pour vous faire entrer dans la théorie de la conspiration. Tout est écrit, et si c’était vrai bla, bla, bla… La technique n’est pas nouvelle (« The social Network » proposait déjà un trailer interactif en 2010) et le tout est un peu gros, mais cette tentative d’immersion aura au moins le mérite de nous montrer la belle Brit Marling dans son plus simple appareil dès la neuvième minute. Et puis que l’on soit dupes ou pas, là n’est pas le problème : qu’ils aient été créés pour l’occasion ou récupérés par l’équipe du film, ces contenus associés enrichissent le dispositif et font parler.  Et c’est tout ce qu’on leur demande.
Parce qu’on le sait, le bouche à oreille sur Internet marche bien pour promouvoir les films. Peu importe ce qui est dit, il faut parler. Pour cela, nombreux sont les films qui ont choisi le viral, comme « Paranormal Activity » (scénario bidon + images amateur + bande annonce à succès = phénomène avant la sortie) ou dix ans plus tôt, le célèbre « Projet Blairwitch ».
Ce qu’on retiendra de « Sound of My Voice » ce n’est donc ni le scénario, ni le fessier de son actrice principale (quoique) mais cette judicieuse utilisation du digital qui fait déjà sensation alors qu’aucune date de sortie n’est encore prévue en France.
Conclusion : une secte, le sosie de Christophe Willem et une timeline interactive, on n’avait pas autant buzzé depuis Skippy et les Inconnus. S’il sort, j’irai donc voir « Sound of My Voice » au moins dans l’espoir de retrouver une « totale liberté de pensée cosmique vers un nouvel âge réminiscent »

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  1. Sound of my voice | Triton95's Blog

    [...] un film dont personne n’a parlé, sauf quelques blogs qui ont cru en cette histoire, et en la chance qu’elle avait de bourdonner sur le net, de [...]

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