Ce weekend ma copine n’est pas là. Il pleut, mes colocs sont partis chercher des escargots pour le barbecue de ce soir, et je n’ai aucune envie de commencer quelque chose de constructif. Distrait, je me retrouve alors par mégarde sur une des 372 millions de pages dites pornographiques sur la toile (encore).
Des préliminaires 56K …
Il y a quelques années, la cassette vidéo était redevable de l’industrie du porno. Son expansion et sa démocratisation sont en grande partie dues à des jeunes filles aux cuisses légères. Le DVD a suivi la même mouvance. La suite de cet article tâchera dès lors de porter un regard neutre et général sur ce qu’est et ce que peut apporter l’influence du pr0n sur le net.

Le porno a joué et joue toujours un rôle important sur la toile, il est d’ailleurs arrivé bien avant l’heure du WWW tel que nous le connaissons. On parlait des balbutiements du minitel rose, du P2P / FTP, et de précieuses minutes de Pornstars aujourd’hui plus très fraîches s’échangeaient déjà.
Après l’ouverture « publique » du web, chaque site de pr0n a dû jouer d’astuces et d’ingéniosité pour s’imposer face à la concurrence ardue. On assiste alors :
- aux premières pop-up,
- aux boutons cachés,
- au spam sauvage,
- aux fausses fenêtres de chat MSN / Windows XP,
- au référencement naturel old school (à grand coup de mots clef écrits blanc sur blanc dans le bas de la page)
- ou encore au changement de page d’accueil du navigateur (allez on y est tous passés)
- etc.

… au gang-bang haut-débit
Aujourd’hui encore on assiste à quelques avancées :
Nos ordinateurs ont eu des webcams, et c’était les débuts des chats vidéo, des rencontres chaudes entres particuliers 100% anonymes. Un petit air de chatroulette (de skype ?) avant l’heure peut-être.
L’avancée la plus importante concerne à mon avis les aperçus vidéo. Comme on peut le constater, ils sont plus grands (55% de superficie en plus) et surtout animés. Dailymotion a adopté cet aperçu bien pratique, gage que Youtube et les autres suivront bientôt.

Dans les maquettes les visuels sont forcement primordiaux : carrousels gigantesques, Call to Action bien gros, formulaires simples et efficaces, et j’en passe. Evidemment, le registre érotique ne révolutionne en rien le webdesign, faute probablement à un contenu ma foi répétitif.

Le site porno, c’est aussi le site communautaire avant l’heure : au début des années 90, c’est le début du porno amateur sur le web. Les couples se montrent en photo, s’échangent des vidéos, et rendent publiques leurs meilleures performances de coït. Un principe désormais bien connu, où ce sont les internautes qui contribuent eux même les sites (citons encore une fois youtube). On parle donc de fait de Porn 2.0.
La contribution elle-même peut parfois devenir un buzz à part entière : citons entre autre le splendide Pornochestra, Diesel XXX, la campagne non-officielle de Skittles, ou, dans un registre beaucoup + trash, le célèbre « 2 girls 1 cup » dont on ne rappelle plus le contenu (ou le contenant).
Fort heureusement, tout ne va pas dans un seul sens, et le porno n’a pas construit à lui seul le web tel qu’il est. L’industrie sait s’adapter et évolue : sites mobiles, vidéos en 3D, SEO, etc. (je n’ai par ailleurs pas croisé de vidéos en HTML5 dans mes longues recherches).
Enfin, Oriane en avait parlé il y a quelques temps, le pr0n sur Facebook est aussi de plus en plus présent.
Orgasme 2.0
C’est peut-être la grosse marge de manœuvre de ces sites qui leur permet d’innover. On ne déploie pas un seul site : on en déploie 30, parmi lesquels on teste sur certains de nouvelles pratiques et de nouveaux fantasmes de développeurs. Et ce n’est pas le bann de Google qui fait peur, puisque si échec il y a, les 29 autres sites sont toujours derrière. Il est question d’une des plus grosses industries mondiales, et ce serait de la langue de bois de ne pas reconnaître son influence sur le net.
Dorénavant Messieurs (et mesdames), j’espère que vous penserez à moi lors de vos prochains dimanches après-midi en célibataire.
Parmi les sources :
- http://en.wikipedia.org/wiki/Internet_pornography
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Pornographie#La_question_d.27Internet
- http://www.90degres.ca/pornographie-et-marketing-web-trois-idees-pour-votre-entreprise/
- http://utopiie.com/blog/wp-content/uploads/2010/06/Internet-porno-chiffres.jpg
- http://internet-filter-review.toptenreviews.com/internet-pornography-statistics.html
- http://www.youtube.com/verify_age?next_url=http%3A//www.youtube.com/watch%3Fv%3DQOFTQpNhsWE%26feature%3Dplayer_embedded

















Pour faire suite au débat :
http://www.explosm.net/comics/2576/
Hier il y avait des sites porno, avec tout ce que l’on pouvait en dire en bien ou en mal. Dans tous les cas, les « professionnels » de la diffusion limitaient les séquences à quelques seconde, minute, un presque trois fois rien pour aiguiser la tentation de sortir la CB pour voir la séquence entière.
Et maintenant, révolution du 21eme siècle : Youporn.
Le porno sans limite de temps, le Hub US qui envoi des films entiers et gratuitement …
Déjà qu’hier j’estimai vraiment limite cette pollution bestiale, aujourd’hui je me demande comment qualifier cette profusion no limite.
Bertrand
pertager de facebooc