Architectes de l’information et ergonomes : même combat ? part.2

Posté le 9 juin 2011 dans Design | User experience , par Robin - 1 Commentaire
ai-vs-ergonome2

Dans la première partie de l’article « Architectes de l’information et ergonomes : même combat ? », nous avons vu les définitions possibles du métier d’architecte de l’information. Dans cette seconde partie c’est le métier d’ergonome qui sera défini, puis nous ferons un parallèle entre ces deux professions du web.

L’ergonome

Egalement appelé « ergonome web », « webergonome », « ergonome multimédia », « ergonome informatique », on ne connait souvent que la partie utilisabilité de l’ergonomie.

L’ergonome web selon l’état

Toujours selon le portail des métiers de l’Internet, un ergonome web :

« L’ergonome cherche à améliorer les conditions de travail, ce qui explique qu’il étudie les relations de l’homme et de son environnement. Dans le cas des nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’ergonome, ou le web-ergonome, travaille à rendre plus aisées les interactions Homme-Machine.

Deux critères définissent l’ergonomie d’une interface web :

  • L’utilité, c’est-à-dire dans quelle mesure elle répond aux besoins des utilisateurs finaux ;
  • L’utilisabilité, c’est-à-dire la facilité d’utilisation de cette interface. L’accès aux informations doit être efficace et efficient. Aussi, la satisfaction détermine l’utilisabilité d’une interface : la navigation doit être conviviale pour inciter l’internaute à revenir sur le site.

Enfin, il est en charge de rendre accessible les sites aux handicapés moteurs, visuels et neurologiques, conformément aux normes du W3C.

La difficulté réside alors dans la prise en compte d’une grande diversité d’internautes : attentes, âge, habitudes, handicaps, connaissances et contraintes techniques sont autant d’éléments à prendre en compte.

Il peut alors intervenir dans toutes les phases du projet, de la conception d’un site à son évaluation en vue d’une refonte. »

Contexte d’amélioration.

Cette définition a le mérite d’une part de rappeler que l’ergonomie n’agit pas QUE sur l’utilisabilité (bien souvent on emploie l’expression « ça manque d’ergonomie » pour signifier un problème d’utilisabilité) et d’autre part de recontextualiser le métier en parlant de « conditions de travail » et « d’interactions Homme-Machine », terme connu sous la forme « IHM », le « I » signifiant donc interactions » et pas « interface » comme on le voit si souvent écrit.

D’ailleurs, vous remarquerez sur la fiche de l’ergonome qu’un peu plus loin dans la présentation, le sigle IHM est à nouveau associé à « interface homme-machine », brisant mon enthousiasme naïf…

Sur l’accessibilité.

Sur ce point, la communauté reste assez partagée (des discussion ont eu lieu, notamment via des listes de diffusion) et je trouve que la présentation de cet élément comme une des tâches principales de l’ergonome manque de nuance et de recul.

Je crois que peu d’ergonomes ont « en charge » de rendre des sites accessibles, ce genre de travail demandant en général des compétences techniques a priori peu répandues chez les ergonomes.

Selon Designers interactifs

La définition de l’ergonome selon l’association :

« L’ergonome web coordonne et réalise des analyses d’activité avec des utilisateurs, afin de rendre des interfaces facilement utilisables. Il transcrit les besoins et objectifs des utilisateurs en modèles structurés d’interfaces et en prototypes.

L’ergonome web doit connaître et comprendre les utilisateurs d’une interface dans leur contexte (leur profil, leurs besoins et leurs attentes…), afin de répondre à leurs besoins.

Il est celui que l’on appelle quand « un utilisateur ne comprend rien ». Son travail consiste à créer des interfaces utiles, intuitives et utilisables.
Il établit les conventions de l’interface utilisateur et sa charte ergonomique afin d’assurer la cohérence entre l’utilisation sur le Web et sur des interfaces mobiles.

Il collabore étroitement avec l’équipe design pour assurer la cohésion et la conformité des choix avec les conventions les plus courantes. Il facilite l’innovation. Il prend une part active dans la définition et l’évolution des pratiques courantes et de la méthodologie. »

(n’hésitez pas à lire la fiche de l’ergonome en entier)

Orienté interface.

Si vous avez suivi, vous aurez deviné que quelque chose me déplaît dans cette définition : l’interface, le fait qu’on répète 5 fois que l’ergonome travaille sur l’interface… A mon sens, c’est une composante essentielle du métier, mais ce n’est pas l’unique, l’interface n’étant que l’aspect visuel de l’interaction entre l’homme et la machine.

L’analyse de l’activité

Outre cet aspect un peu limitant, je trouve important que l’association soulève d’emblée que l’ergonome réalise des analyses de l’activité, car c’est une caractéristique essentielle du métier : le fait de mener des études scientifiques sur les utilisateurs, en les observant et testant en conditions réelles.

AI et ergonomie

Alors, après toutes ces définitions, quel(s) lien(s) entre les deux métiers ?

A vrai dire, étant issu d’une formation en « ergonomie et facteurs humains »,  je voyais l’architecture de l’information comme une composante de l’ergonomie avant de faire des recherches plus poussées et d’exercer moi-même des tâches liées à l’AI. Elle était à mes yeux une phase dans une processus de conception centrée utilisateur, une phase au service de l’ergonomie.

Or, nous l’avons vu, l’architecte de l’information a un rôle à part entière, différent de celui de l’ergonome, bien que proche.

Science et créativité

La différence qui me semble essentielle repose sur le caractère créatif de l’architecte de l’information, « opposé » à la démarche scientifique de l’ergonomie. Ce sont deux approches très complémentaires mais différentes, et c’est là que les deux métiers trouvent leur raison d’exister et de se compléter : caricaturalement, on peut dire que l’architecte de l’information, bien que s’appuyant sur des données et des savoirs, fait appel à sa créativité pour concevoir et proposer des solutions, tandis que l’ergonome fait appel à sa méthodologie scientifique pour comprendre les besoins des utilisateurs et évaluer l’adéquation des solutions proposées avec ces besoins, d’où la complémentarité des deux profils.

Les profils se confondent

En France, il est bien rare que des sociétés emploient un ergonome + un architecte de l’information. Bien souvent, ces deux profils se confondent et sont représentés par une seule personne, d’autant que la plupart des techniques employées sont communes aux deux disciplines. Je ne saurais dire si c’est un bien ou un mal, mais les impératifs économiques entraînent certainement cette fusion : il parait coûteux d’employer deux profils si similaires, bien que complémentaires.

Un même but : améliorer l’expérience utilisateur.

Dans le fond, ces deux acteurs du web partagent un but commun : améliorer l’expérience de l’utilisateur et cet aspect est primordial, car cette volonté n’est peut-être pas aussi présente chez les autres acteurs de la conception/production/évaluation du web.

J’ai récemment lu une offre d’emploi qui mettait en parallèle les termes d’ergonomie, d’UX design et d’architecture de l’information pour inviter les candidats à définir leur propre vision du métier. La démarche est intéressante, elle confirme cette idée de « peu importe le nom, l’important est la volonté d’améliorer l’expérience de l’utilisateur ».

Pour compléter cette analyse, je vous invite à lire (en plus des liens précédents) un article d’Amélie Boucher à ce sujet, et un autre article de Jean-Claude Grosjean qui donne la vision de son métier.

À propos de l'auteur

L'ergonomie gouvernera le monde
1 commentaire
Ajoutez le votre
  1. Sel. Web : (juin 2011-2) | ilozen

    [...] de l’information et ergonomes : même combat ? part. 1 et part. 2 Dans la première partie de l’article « Architectes de l’information et ergonomes : même [...]

Laissez votre commentaire