Architectes de l’information et ergonomes : même combat ? part. 1

Posté le 8 juin 2011 dans Design | User experience , par Robin - 8 Commentaire
ai-vs-ergonome

Dans l’univers en mouvance rapide du digital, il n’est pas rare de voir des professions changer ou apparaître, semant parfois le trouble sur les rôles de chacun.

Ces 10 dernières années, la prise en compte de plus en plus fréquente de l’utilisateur final dans les processus de conception a entraîné la formalisation de nouvelles tâches et de nouvelles fonctions, voire de nouveaux métiers (du moins des adaptations de métiers existants).

C’est le cas de l’ergonome, qui oeuvrait déjà dans le monde informatique mais dont l’importance a pris de l’ampleur cette dernière décennie ; ou de l’architecte d’information, un jeune métier, dont le rôle reste parfois flou, surtout en France.

Quelle sont les différences entre ces deux métiers ? Sur quels points se retrouvent-ils ? Comment peuvent-ils travailler ensemble ?

Nous essaierons de voir ça dans cet article découpé en deux parties, en commençant par définir un peu mieux ces professions.

L’architecte de l’information

Pour abréger, en France (en agence notamment) on dit « AI » pour le désigner, « IA » dans les pays anglo-saxons.

L’AI selon l’Etat

Si l’on s’en tient à la définition donnée par le « portail des métiers de l’internet » du gouvernement, un architecte de l’information c’est ça (c’est moi qui ai mis en évidence ce qui me semblait important) :

« Au sein d’une équipe de conception de site web, d’intranet ou de logiciel, essentiellement en agence, l’architecte d’information intervient en amont du projet et établit les spécifications fonctionnelles avant l’application de la couche graphique.

Il travaille sur l’organisation des contenus, les cinématiques (enchaînement des pages entre elles) et sur l’interface visuelle. Il garantit la cohérence architectonique du site et optimise la navigation, en se focalisant sur la notion d’utilisabilité et l’expérience de l’utilisateur.

Il a une forte sensibilité éditoriale et de bonnes notions d’ergonomie. Il est fortement impliqué dans la maîtrise d’usage.

Dans la plupart des entreprises, ce métier est assumé par le concepteur web ou l’ergonome. Il fait partie des nouveaux métiers émergents et prend son indépendance face à l’ergonome, même si une partie des activités de l’architecte d’information et de l’ergonome se recoupe. »

Une grande proximité avec l’ergonomie.

On peut le lire, dans cette définition et dans le contexte français, l’AI reste très attaché à l’ergonomie, ces deux professions se confondant souvent en une seule.

Selon designers interactif

Designers interactifs est une association qui promeut le design numérique et ses métiers. L’AI et l’ergonome sont présentés sur leur site. Voici ce qui est dit sur l’AI :

« Responsable de la structure et de la terminologie du contenu d’un site web ou d’une application, l’architecte de l’information oriente l’expérience utilisateur.

Son activité est fondée sur la dimension interactive du projet pour permettre aux utilisateurs de combler leur besoin en information et de faciliter l’accomplissement d’activités que le service propose.

De part la transversalité que son intervention implique, l’architecte de l’information collabore avec l’ensemble des intervenants : l’équipe projet du client et l’équipe design interne.

L’architecte de l’information prend ainsi en compte les aspects marketing, l’identité de marque, la communication, la sémantique, le design visuel, les profils d’utilisateurs, l’ergonomie web et la technologie.

Il traduit le comportement des utilisateurs en solutions de conception et formalise de manière conceptuelle et schématique des livrables tels que l’arborescence, le story­board ou encore le scénario d’usage. »

Plus créatif et indépendant.

Il me semble que cette définition, bien que proche de celle donnée sur le site des métiers de l’Internet, accorde une plus grande indépendance au métier vis-à-vis de l’ergonomie et du métier d’ergonome, et fait également mieux ressortir l’aspect créatif de cette profession.

Vous trouverez plus d’informations sur leur définition complète du métier.

Différences entre architecte de l’information et architecture de l’information ?

Pour certains professionnels, l’architecture de l’information n’est pas le seul aspect du métier d’architecte de l’information. Je pense surtout à Jesse James Garrett, l’auteur du fameux livre sur l’expérience utilisateur : The Elements of User Experience: User-Centered Design for the Web and Beyond.

Pour cet auteur, il y aurait donc une différence entre l’architecture de l’information, et l’architecte de l’information. Il expose précisément ses idées concernant ce métier dans un article connu, ia/recon, pour lequel vous pourrez trouver une traduction effectuée par Fred Cavazza que je remercie d’ailleurs pour m’avoir indiqué son existence.

A noter, pour nuancer les propos assez catégoriques de JJ Garrett, que l’article original a été écrit en 2002, après l’éclatement de la bulle Internet.

Pour faire court, Garrett estime qu’il y a une différence entre la discipline et le rôle, et la vision que l’on a du métier dépend de l’approche « pratique ».

Grande AI

On peut ainsi différencier une « grande AI » (big IA) qui essaie de définir la discipline en se basant sur le rôle : “Je suis un architecte de l’information, donc tout ce que je fais est de l’architecture d’information.”

Cette conception peut donc inclure beaucoup d’éléments comme la stratégie d’entreprise, le design d’information, la recherche utilisateur, le design d’interaction, l’étude des besoins etc.

Petite AI

A contrario, on trouve également une approche « petite AI » qui, elle, définit le rôle en se basant sur la discipline, concentrée sur l’organisation du contenu et la structure des espaces d’information.

Ainsi, suivant les individus, on se rend compte que la définition du métier ET de la discipline diffère.

A venir : la deuxième partie de l’article dans laquelle nous traiterons de l’ergonome pour finir par un parallèle entre les deux métiers.

À propos de l'auteur

L'ergonomie gouvernera le monde
8 commentaires
Ajoutez le votre
  1. Vincent Lejeune

    Bonjour,

    Article intéressant.
    Petite remarque… Dans les deux définitions d’un AI, il me manque le focus sur les tâches de recherche, d’étude et d’analyse de l’environnement client : marché, confrères, clients, personaes… Ces points sont évidemment inclus dans ce qui est appelé « marketing et profils utilisateurs » mais c’est selon moi les points qui marquent la différence d’un bon AI (petits et grands) des autres… (point de vue très perso :) )

    Bonne journée, a+

  2. Fred Cavazza

    Pour info il existe de nombreux article sur le sujet publié sur le site de l’Information Architect Institute :

    http://iainstitute.org/translations/

    Avec même une traduction de l’article fondateur de Peter Morville que j’ai publié en 2003 !

    /Fred

  3. Robin

    Bonjour Vincent et Fred et merci pour vos commentaires.
    @Vincent : les définitions présentées ne se veulent pas exhaustives, c’est pour présenter un peu mieux ce métier souvent méconnu. merci pour ta contribution en tout cas ;)
    @Fred : je me suis effectivement rendu sur ce site lors de la rédaction de cet article,il faut croire que j’étais hélas passé au travers ! Merci pour le rappel, je pense que je vais changer le lien pour le diriger plutôt vers ta traduction :)

  4. Nunez Loïc

    Bonjour,
    Lorsque je lis les définitions proposées et le « débat » qui en ressort entre les différents titres d’experts, cela me fait penser à la thématique de l’identité professionnelle. En tant qu’ergonome et psychologue de formation, c’est une notion importante pour moi, l’identité professionnelle. En plus de son activité, le simple fait d’avoir tel ou tel titre dans une organisation influence ses perceptions interne, mais aussi celles des autres qu’ils ont de nous-même. J’ai eu par le passé différents titres (ex : ergonome, UX…) et j’ai toujours travaillé sur un éventail large de livrables, de la recherche utilisateur à la conception de wireframes, en passant par l’AI et l’analyse du gap entre les besoins d’affaires et ceux des usagers.
    Pour ceux que ça intéresse, je viens d’être interviewé sur le sujet : http://archinfo.umontreal.ca/blogue/
    Au plaisir d’échanger avec vous ;-)

  5. Vincent Lejeune

    @Nunez Loïc : complètement d’accord avec toi, d’autant plus qu’il n’est pas toujours simple pour une organisation de disposer de 3 à 5 profils différents pour gérer ces tâches…
    @Robin : pas de souci, c’était loin d’être une critique mais simplement pour vous communiquer ce qui me semble le plus important pour un AI, ergonome, etc : l’environnement et le contexte client…
    Bon week-end !

  6. Sel. Web : (juin 2011-2) | ilozen

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