Facebook, Twitter : connaître les règles avant de jouer

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kiabi

Fin décembre, tollé dans la blogosphère : le gros méchant Facebook a supprimé sans coup férir la page fan de Kiabi, privant d’un seul coup la marque d’un canal de communication privilégié avec ses 130 000 fans déclarés. Et pourtant, Facebook a eu raison d’agir ainsi, la marque n’ayant tout simplement pas respecté les CGU (Conditions Générales d’Utilisation) du réseau social…

Retour sur les faits

Le 22 décembre, Kiabi découvrait avec stupeur que sa page Fan avait été purement et simplement supprimée. La raison invoquée par Facebook dans leur e-mail d’explication du 29 décembre ? Le fait d’avoir averti les gagnants d’un jeu-concours par l’intermédiaire du réseau social, ce qui est formellement interdit, que ce soit par messagerie instantanée, publication sur le mur ou message direct.

Finalement, tout est bien qui finit bien, Kiabi a fait amende honorable auprès de facebook, a retiré le message litigieux de sa page et a vu sa page réactivée. Aujourd’hui, ils ne sont plus 80 000 mais 170 000 fans ! Une mésaventure que la marque a pris avec le sourire, pour preuve, cette vidéo :

Que retenir de ce fâcheux épisode ?

Avant de se lancer sur un réseau social, il est nécessaire d’en connaitre les règles sous peine de se faire taper sur les doigts.  On ne compte plus les comptes individuels fermés car tenus en réalité par des entreprises et non pas des individus en chair et en os comme le demandent les CGU de Facebook. C’est le rôle de votre community manager, si vous en avez un, que de se renseigner sur les règles à respecter et les mises à jour dont le site fait l’objet.

Vous voulez tout faire tout seul ? Entourez-vous d’une agence conseil qui saura vous accompagner dans le développement de votre stratégie digitale et vous éviter de voir vos efforts réduits à néant à cause d’un faux pas.

J’aime beaucoup la phrase de Cédric Deniaud sur Facebook et la nécessité de respecter ses règles :
« Le problème, c’est qu’aujourd’hui, parce que nous sommes sur Facebook, que c’est un outil que nous avons l’habitude d’utiliser pour un usage personnel, nous avons l’impression que tout est permis. N’oublions pas que nous sommes locataires à titre gratuit sur cette plateforme et que le propriétaire peut nous expulser. Il ne s’agit pas d’autoritarisme de la part de Facebook. On le voit déjà avec Google qui agit de la sorte avec AdWords. »

Afin de remettre tout le monde à niveau, vous trouverez sur le blog Kontest un bon récapitulatif des règles à respecter lorsque vous organiserez un jeu-concours sur Facebook.

Que dit la législation française sur l’organisation de jeux concours ?

IRL, l’organisation d’un jeu-concours obéit à des règles strictes dont la partie émergée est souvent le dépôt des conditions de jeu chez un huissier. Etrangement, l’organisation d’un jeu-concours sur les réseaux sociaux est bien souvent moins encadrée. Et pourtant, les impératifs sont les mêmes.

Tout d’abord, il faut savoir que la législation française établit un distingo entre une loterie, dont les gagnants sont désignés par le hasard et qui est en principe interdite, selon la loi du 21 mai 1836, et un jeu-concours dont les gagnants ne méritent leurs lots que grâce à leurs connaissances ou leur habileté.

Il est donc légitime de se poser la question de savoir si les jeux offrant des cadeaux aux premiers fans d’une page ou aux premiers twittos ayant retweeté un lien sont des loteries (prohibées) ou des jeux-concours. Heureusement pour nous tous, il semblerait que la réactivité dont il faut faire preuve suffise à catégoriser de tels jeux comme jeux concours.

Une fois le jeu concours créé, il est obligatoire de déposer son règlement chez un huissier. Ce document présentant l’opération publicitaire, comme le décrit le Code de la Consommation dans son article L.121-37 intitulé « Loteries publicitaires »

Là où le bât blesse, c’est que cet article ne fait nullement mention du terme jeu-concours aussi, il est difficile de connaitre la validité clauses présentes dans l’article et requérant que le document sus-cité soit clairement publicitaire, indique de façon exhaustive la nature et le nombre des lots mis en jeu, précise l’adresse exacte où envoyez une éventuelle demande ainsi que le nom de l’officier ministériel chez qui est déposé le règlement.

En conclusion, pour ne pas courir de risque à l’occasion de l’organisation de votre jeu-concours :

  • Respectez la législation française en la matière
  • Respectez les CGU de Facebook
  • Faites appel à des professionnels si vous n’êtes pas suffisamment à l’aise sur le sujet
  • Utilisez des applications certifiées par Facebook comme Tigerlily
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Commentaires

  1. Julien C Répondre

    Très bon article qui confirme la nécessité de bien s’entourer. Les outils du web sont certes accessibles à tous mais il est essentiel de bien les maitriser et là, il y a beaucoup moins de monde.

  2. Romain DIDIER Répondre

    Bonjour,
    Merci pour cet article très intéressant.
    Voici mon sentiment sur cette affaire : Kiabi se devait de connaitre le règlement made in Facebook et le respecter mais il appartient aussi à Facebook de faire évoluer sa plateforme pour prendre en compte les besoins croissants des entreprises et cela passe peut être par une monétisation de certains services.

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