« The Social Network » : l’avant première du film Facebook

Posté le 12 octobre 2010 dans Facebook , par Jean-Charles - 5 Commentaire
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Blogoergosum a eu la chance de voir The Social Network en avant première. David Fincher nous dépeint ici l’histoire de Mark Zuckerberg au travers de son projet pharaonique: Facebook.

Bien sûr on reste rêveur quand à la genèse du site et sa mise en place. Ce film est, pour les artisans du web que nous sommes, la reconnaissance d’un phénomène. Nous ne sommes pas inspecteurs de police, pompiers ou sauveteurs en mer, mais notre métier peut inspirer de grands réalisateurs. Revenons donc sur le film le plus 2.0 de l’année.

L’histoire, sans trop vous spoiler

David Fincher retrace ici le commencement du phénomène, construisant une mythologie sur la genèse du projet et sa réalisation. Le film relate 3 années de la vie de Mark Zuckerberg (Jesse Eisenberg), inventeur de Facebook. Au travers de 2 procès, nous allons découvrir pourquoi son meilleur ami, Eduardo Saverin (Andrew Garfield) et les frères jumeaux Winklevoss (Armie Hammer) réclament à l’informaticien milliardaire, une part de ce gâteau virtuel.

Le film arrive-t-il trop tôt ?

A l’image de Vol 93, sorti en 2005, qui relatait l’histoire d’un des avions détournés du 11 septembre, The Social Network est une œuvre consciente de sa précocité. Il n’est pas envisageable en 2010 de porter un jugement pérenne sur ce que représente Facebook. Le film évite donc le sermon manichéen sur les dangers d’internet ou de la puissance du grand méchant Big Brother, pour se focaliser sur le contexte dans lequel est né le site. En ce sens, The Social Network a l’intelligence et la décence de se contenter de raconter une histoire humaine. Le film ne pouvait, en effet, s’inscrire dans le temps que par cette approche. Comme Wall Street a stigmatisé la folie boursière des années 80, on se rappellera que les années 2000 étaient la décennie qui a vue naître Facebook.

Tout n’est qu’une histoire d’égo

Comme dans tout bon biopic, il faut aux personnages des motivations psychologiques latentes. Là où Citizen Kane nous parlait de quête d’innocence perdue et Wall Street de recherche de paternité, The Social Network nous parle de la quête de reconnaissance.

Les frères Winklevoss prétendent que Mark leur a volé l’idée de Facebook. Avec l’esprit de synthèse d’un informaticien, il résume en une phrase la psychologie de ces jumeaux : « ils sont comme ça car, pour la première fois de leur vie, quelque chose ne va pas comme ils l’ont décidé ». Ce propos se confirmera lorsque les frères seront confrontés pour la seule fois du film à la défaite. Après une course d’aviron ratée, ils décident d’attaquer Zuckerberg en justice. Pour eux, l’échec est pire que tout.

Mark Zuckerberg partage avec eux ce sentiment. En début de film, son aventure sentimentale avec Erica (Rooney Mara) ne donne pas l’impression d’une idylle. Le jeune homme semble plus se passionner pour lui même que pour sa copine. Il sait qu’il est intelligent : son narcissisme et sa confiance en prennent un coup lorsqu’il se fait plaquer. Rageur, il programme dans la nuit le site Facemash. La déception sentimentale s’extériorise pour lui par la programmation.

Il est facile de faire l’analogie avec les peintres ou musiciens qui matérialisent leur mal-être par une œuvre d’art. Ici, la revanche prend la forme de lignes de codes. Zuckerberg aura d’ailleurs l’occasion de se faire pardonner quelques années plus tard dans un bar, mais n’aura comme seule réplique « tu as vu mon site ? ». Comme si le succès permettait d’acquérir tous les pardons. Il ne songe même pas à s’excuser, comme lui signifie son ami Eduardo. Un jour, quelque chose n’est pas allé dans son sens.

Ce besoin de reconnaissance sociale se fait sentir également dans la relation qu’il entretient avec Eduardo. Il ne lui pardonnera jamais d’être pris dans le club des Phœnix, confrérie universitaire d’Harward.

Mark pensera que son exclusion sociale prendra fin avec la rencontre de Sean Parker (Justin Timberlake). Le créateur de Napster lui explique qu’ils sont semblables : des génies incompris, avec un besoin de rébellion latent.

Social Network dans la filmographie de David Fincher

Taxer David Fincher d’opportuniste ne serait pas, à mon sens, une insulte. Il ne faut pas oublier qu’on lui doit The Game, Seven ou bien encore Fight Club. Des films pouvant passer pour prétentieux dans leur traitement : beaucoup d’effets de styles et une narration m’as-tu-vu. Mais il fait parti de ces réalisateurs caméléons qui semblent être à l’aise dans tous les styles. Après la machine à Oscar Benjamin Button, il revient à un cinéma plus neutre. A l’image de Zodiac, on sent la caméra détachée de tout jugement, et on se demande parfois où est la limite entre la romance et l’histoire vraie (sur le sujet : La vérité derrière The Social Network). On retrouve une photographie sobre (à l’exception d’un plan d’aviron sorti tout droit de Top Gun), des dialogues pertinents et une musique pesante (merci Trent Reznor). The Social Network est ainsi un film cohérent qui trouve sa place dans la filmographie de Fincher.

L’avis de Blogoergosum

The Social Network n’est probablement pas le film de la décennie ou même de l’année. Mais il est à l’image de Facebook : une œuvre sortie au bon moment. Il a le mérite d’éviter le piège du film creux, et de parler d’humanité quand tout le monde parle de virtuel. Il marquera au moins les ingénieurs qui n’ont pas fini d’entendre l’expression « Bouffe du code ! ».

Merci à Amaury qui m’a aidé à rédiger cet article !

À propos de l'auteur

27 ans, Chef de projet technique. Jean-Charles aime le SEO, l'analytics, le e-commerce, Batman et le death metal.
5 commentaires
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  1. Robin Azéma

    Je n’ai pas encore vu le film, mais cette critique me semble claire, posée et équilibrée. Vivement que je vois ça pour me faire mon idée!

    Petite coquille : « il fait parti de ses réalisateurs caméléons » Plutôt « Ces réalisateurs » non?

    Merci pour la critique en tout cas.

  2. Jean-Charles

    Ravi que tu aies aimé la critique.
    (La coquille est corrigée ;) )

  3. Arnaudb

    On a une idée de la position de mark z sur le film?

  4. Robin Azéma

    A mon avis ça doit pas l’enchanter d’un point de vue personnel, mais ça lui fait de la com donc stratégiquement c’est toujours bon à prendre.

  5. webdesign

    Au début on parlait que fb n’aimais pas le film mais récemment M Z a dit :
    « C’est interessant thématiquement, mais ils ont eu tort dans leur approche : comme si la seule raison pour créer Facebook avait été que je voulais me taper des filles ». « Ils ne peuvent pas imaginer que quelqu’un peut concevoir des choses juste pour le plaisir de les concevoir ».

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