La concentration, l’avenir des réseaux sociaux ?

Posté le 8 avril 2010 dans Facebook | Social Media , par Maxime - 8 Commentaire
reseau

400 Millions d’utilisateurs dans le monde dont près de 14 Millions de Français, Facebook est assurément le roi des réseaux sociaux générique. Celui vers qui les utilisateurs se tournent aujourd’hui pour connecter famille et amis. Dans le top of mind des services web, Facebook est rentré dans un cercle vertueux (audience-monétisation-médiatisation) qui laisse à penser que plus rien ne peut arrêter cette formidable croissance.

Celle-ci est telle, que comme l’explique @fred_montagnon, les réseaux sociaux précédents type BEBO, HI5 voient leurs audiences en chute libre – lire le blog post – et certains usages basiques du web comme les mails ou encore le tchat via MSN se voient peu à peu cannibalisés par les services intégrés de Facebook. Ajoutez à cela le fait, que Facebook soit un réseau fermé c’est à dire nécessitant une inscription pour avoir accès aux contenus et aux services et vous réalisez que nous assistons aujourd’hui à la naissance d’un nouveau Google !

@fred_montagnon conclue son article en expliquant que pour lui « il n’y a pas de place pour DES réseaux sociaux, il y a UN réseau social, et c’est sur Facebook qu’il se modélise. » Même si l’idée est séduisante, je ne pense pas que ça soit si simple que ça. Pour moi, et comme je viens de l’écrire plus haut, Facebook est le roi des réseaux sociaux générique mais il ne pourra en aucun cas cannibaliser les réseaux de niches qui nécessitent des fonctionnalités uniques et adaptés aux usages qu’ils visent. Le cas le plus évident, et comme l’a souligné Fred, c’est les réseaux sociaux pro tels que Viadeo ou Linked In par exemple. Il me parait assez peu probable d’intégrer ces usages à Facebook. D’autres existent sur d’autres thématiques, comme le vin, les chiens, ou encore les extraterrestre (à venir). Là encore, ceux-ci seront protégés de l’ogre Facebook par leurs spécificités.

Par contre, ceux-ci ne seront en aucun cas protégé par un phénomène de concentration. Pour moi, il ne restera à terme, qu’un réseau social par usage. J’hésite par exemple à fermer mon compte Viadeo au profit de mon compte LinkedIn car je ne peux entretenir un réseau pro sur deux plateformes. Autre exemple, la guerre que se mènent actuellement les réseaux sociaux mobile type foursquare aboutira au couronnement d’un seul réseau. Difficile en effet de faire un check-in sur 4 plateformes différentes !

Cette réflexion va même plus loin car l’argument que l’on oppose souvent au phénomène de concentration et celui de la spécificité régionale (continent ou pays). Le problème c’est que nous vivons dans un monde globalisé et inter-connecté. L’utilisateur Européen qui se connecte avec un Japonnais ou un Américain, n’a pas envie pour des raisons pratique de switcher de réseau en fonction du continent. Il va vouloir utiliser qu’un seul réseau pro. Si il ne peut pas, il fera le nécessaire pour que ça soit possible. Il invitera par exemple ses contacts à s’inscrire et à découvrir LinkedIn.

C’est pourquoi par bon sens, je crois que le phénomène de concentration par usage et inévitable. Qu’en pensez vous ?

À propos de l'auteur

Directeur associé X-PRIME Groupe et entrepreneur récidiviste. Je crois au pouvoir des idées, essaye de les mettre en œuvre et veux changer le monde.
8 commentaires
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  1. Nicolas Delettre

    Réflexion interessante, mais un petit peu réductrice.

    Synthétiser « réseaux sociaux » par Facebook, c’est un peu fort, car un réseau social n’a pas de définition précise. Facebook est un type de réseau (avec ses fonctionnalités propres, suffisament riches pour en faire un réseau « maître »), Twitter est un autre type de réseau (qui, là encore, diffère par ses fonctionnalités), Foursquare encore un autre.

    Au mieux, Facebook apparaît comme le réseau principal de son activité web, car il est le plus usité, et parce que son intégration dans notre vie quotidienne (partage de photo et de contenus privés) est désormais fait. Mais les utilisateurs avancés iront eux parachever leur utilisation du web 2.0 en allant s’exprimer sur d’autres réseaux, où d’autres types d’informations sont partagées (localisation géographique, photos, créations, news…).

    Personnellement, même si j’en suis un grand utilisateur, la montée de Facebook me fait davantage peur que celle de Google, car son intégration dans notre vie privée dépasse tout ce qui a pu être fait jusqu’ici.

  2. Eric Messeca

    L’analyse est cohérente et les conclusions logiques. Mais sommes nous entré dans un monde de logique? Nos raisonnements s’appuient sur des observations d’organisations de systèmes d’informations que peut de personnes connaissaient il y a 5 ans, quand sera-t-il dans 5 ans? Quelle sera l’influence de l’accélération de l’évolution sociétale? Certains observateurs utilisent les critères quantitatifs pour faire des projections car ils n’ont que cela pour analyser des tendances. Mais parfois ils en oublient les critères qualitatifs et tout simplement que nous parlons d’êtres humains. Des êtres humains du monde qui accèdent sans critères limitatifs à une puissance de création de liens et de nouvelles valeurs partageables comme jamais aucun siècle auparavant ne leur avait donné le pouvoir. Il y a selon moi bien plus de variables inconnues que de connues dans cette révolution pour s’aventurer à déduire en matière de réseaux sociaux qu’il n’y a qu’un seul chemin pour … »aller à Rome » . Je dirai même qu’il y en a bien plus d’un et sans doute qu’il y a plusieurs « Rome » Restons les yeux ouverts et les oreilles attentifs. L’être humain n’est pas finit de nous étonner.

  3. Eric Messeca

    Maxime, désolé pour les coquilles de rédaction que vous aurez sans doute corrigé par vous même. Le sens n’en est pas trahit.

  4. Antho

    Plutôt que limiter le nombre de réseaux, pourquoi ne pas imaginer limiter le nombre de profils ? Cela permettrait à chacun de rester présent sur ses réseaux privilégiés (si j’ai 2000 contacts sur Viadéo, peut-être que le labeur de tout reprendre à zéro sur Linked In me découragerai…?!). En résumé un avatar ou profil comprenant l’ensemble de mes infos et me suivant d’un univers virtuel / réseau à un autre ne serait-il pas la solution la plus satisfaisante pour l’utilisateur ?? question ouverte !

  5. Maxime

    @Nicolas : Entièrement d’accord avec toi. Attention, Twitter ne se positionne plus comme un réseau social mais comme un réseau d’information temps réel et cela afin de se protéger de Facebook.

    @Eric : Très belle envolée ! ;) Il est bien évident que le web ouvre d’immense possibilités. Je suis sur que les créateurs eux mêmes de Facebook n’avait pas imaginer un succès si phénoménal ! Certains ont d’ailleurs abandonnés en route !

    @Antho : Welcome back ! Tu remet sur le tapis, la question de l’OPEN ID. Facebook, Twitter, Google tente la chose avec leur fonction « connect ». Les enjeux sont trop important pour que l’on arrive à court terme à unifier les comptes.

  6. Greg en différent

    La concentration des réseaux sociaux par thématique, je suis d’accord. Impossible de pouvoir être partout et mettre à jour ses statuts sur chaque plate forme.
    Pour exister face à Facebook, il est obligatoire de se spécialiser sur une niche, comme l’a fait MySpace avec la musique par exemple.

  7. Denis

    La concentration des données sur un seul système est certes attirante pour ce qu’elle porte de valeurs de gain de temps, optimisation des ressources et partage d’informations et d’idées.
    Toutefois elle ne saurait satisfaire le besoin de liberté auquel chacun aspire très naturellement et surtout celui de s’insérer dans un univers de valeurs sociétales partagées. Ainsi l’action réductrice d’unicité de réseau social reposant sur une hétérogénéité des individus et des thématiques qui le compose conduirait inévitablement à l’état de banalisation et d’appauvrissement des échanges et donc de désaffection des utilisateurs. Il est donc clair que les réseaux thématiques ont pleinement leur sens et aucun développeur ne s’y trompera.
    En revanche il ne s’agit pas de dire que les réseaux doivent être des espaces élitistes aussi nombreux que les familles sociétales auxquels ils s’adressent. Il y a toujours un juste milieu en toute chose et cet espace virtuel où l’entregent confronte l’arrogance et parfois même la vulgarité (malheureusement) doit continuer son rôle d’Agora quelque soient ceux qui s’y expriment.
    Je rejoins vos propos concernant LinkedIn et Viadeo, il y a une autre vie que le monde virtuel et mettre à jours plusieurs réseaux qui in fine rendent des « services » identiques est particulièrement chronophage. Il y a donc véritablement des choix à faire.
    En conclusion de ce survol systémique, la rationalisation des réseaux par thèmes est une évidence mais n’oublions pas que les concentrations poussées aux extrêmes mènent aux dictats.
    La diversité de nos cultures fait notre richesse, son expression ne doit pas être contenue dans un carcan.
    DLM

  8. arnaud

    Je trouve que l’on tire des conclusions encore trop rapides sur facebook. Je pense pas que ce réseau soit à sa vitesse de croisière. Certes son expansion a été exponentielle, mais justement trop d’info tue l’info. La moitié des mes contacts facebook ont délaissés leur compte, dépités par l’overdose d’applications débiles. Néanmoins, ils sont toujours comptabilisé comme utilisateurs actifs. Un autre bon tiers de ces contacts usent et abusent de ces applications. Je les ai masqué ou désactivés, car ça ne m’intéresse pas.
    Facebook va devoir se spécialiser pour ne pas continuer à devenir un outil fourre-tout.
    a l’image de MySpace où les interventions sur les « murs » ne sont plus que des « merci pour l’ajout » et « je fais de la pub pour mon concert », au détriment des vrais échanges.

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